Une princesse excentrique et l’éléphant Miss Pundji

Pendant près de quarante ans, Chaumont et l’hôtel de la rue de Solférino sont le cadre de fêtes somptueuses. Ainsi, pour divertir ses invités de marque, la princesse n’hésite pas à faire venir par train spécial la troupe de la Comédie-Française ou l’Opéra de Paris et son orchestre dans son château.

André de Fouquières raconte que « la princesse, éprise de splendeurs orientales, aimait à recevoir les grands seigneurs des Indes, les maharajahs de Kapurthala, de Baroda, de Patiala. »

tombe-miss-pundji-elephantCette éléphante est enterré sur les bords de la Loire, au château de Chaumont, sous les frondaisons de beaux arbres.  On peut découvrir la tombe de Miss Pundji, éléphante d’Asie offerte en octobre 1898 à Marie Say, princesse de Broglie par son ami, le maharajah de Kapurthala; cette éléphante de compagnie, très appréciée de la famille, fut soignée par quatre cornacs successifs et finit par être donnée au Jardin d’acclimatation (il faut dire que sa nourriture représentait celle de dizaines de chevaux). Elle repose cependant au Château de Chaumont – pourtant vendu à l’Etat entretemps – avec les chiens, autres compagnons fidèles, signe de l’importance qu’elle eut dans la vie de ce domaine.
La phrase inscrite sur sa tombe  est « Ô tristes que nous sommes / notre fantaisie ici enfouie »
photo-tombe-elephant-miss-pundji-princesse-de-broglieSur la photo figurant sur sa dalle, Miss Pungi est entourée de son cornac et des enfants de la princesse : Eugène, Antoinette, Jean, François et Stéphanie.

« Sans doute à cause d’une fortune qui lui permettait toutes les fantaisies, [la princesse Marie] se montrait quelque peu despotique. À l’hôtel, craignant d’être incommodée par le bruit qu’auraient pu faire ses voisins, elle exigeait une chambre isolée, c’est-à-dire qu’aucun appartement, ni à gauche, ni à droite, ni au-dessus, ni au-dessous ne devait être occupé – ce qui augmentait singulièrement ses notes de séjour… Mais ce n’était là pour elle qu’un futile détail. »