Monseigneur Maurice de Broglie

Maurice_Jean_Madeleine_de_Broglie-eveque-de-gandMgr de Broglie est mort à Paris le 20 juillet 1821. Il n’avait que 54 ans et 10 mois. Telle fut la fin d’un des plus grands évêques de son temps. Depuis la démission qu’on lui avait extorquée à Dijon le 8 juillet 1813 Mgr de Broglie se méfiait de lui-même : il craignait plus sa propre faiblesse et une rechute du genre de celle de Dijon, que la prison et le bannissement, que les souffrances et la mort. Au commencement du mois de mars 1817, se trouvant au château de Gyzeghem, où il était allé séjourner quelques jours pour réparer ses forces, il apprit que le gouvernement hollandais était sur le point de se saisir de sa personne, comme effectivement l’ordre en fut donné le 13 de ce mois. Dans ces conjonctures, il crut devoir dresser la Déclaration suivante, dont il remit un exemplaire à ses vicaires généraux. Il en remis en même temps un autre exemplaire autographe à Madame la baronne le Candèle de Ghyzeghem (1), chez qui il logeait et en qui il avait pleine confiance. Il la priait en même temps de lui rendre un important service, dans les termes que je reproduis textuellement : « Dès que vous aurez appris que je suis arrêté, transportez-vous à la ville où je me trouverai, et habitez, autant que faire ce peut, une maison contiguë à ma prison ; épiez tout ce qui se fait à mon égard ; et si vous apprenez que par violence ou par séduction, l’on m’a arraché quelque acte de consentement ou d’assentiment contraire à mon enseignement antérieur, faites valoir par tous les moyens possibles la Déclaration suivante écrite de ma main :
Gyseghem, 6 mars 1817
Diocèse de Gand
Déclaration.
Incertain si et comment je pourrai être traîné en jugement, comme j’y ai été cité, et avais refusé l’interrogatoire, en déclinant la compétence de la cour supérieure de Bruxelles, je déclare, 1° que si en cas de violence, j’étais traîné à ce tribunal, ou à tout autre, je désavoue d’avance toute signature de moi, qui ne serait point en harmonie avec mon Instruction pastorale du 2 août 1815 et avec le jugement doctrinal, émané et signé la même année par les évêques de Tournai, de Namur, moi et les vicaires généraux de Liège et de Malines (sièges vacants).
2° J’ordonne à mes vicaires généraux, au clergé du diocèse, aux fidèles mes ouailles, d’adhérer aux dits actes pastoraux précités, quand même j’aurais le malheur et la faiblesse, en état de contrainte, de les infirmer et rétracter partiellement ou en tout.
J’ajoute 3° que si par violence, on me mène à un interrogatoire, et qu’on prétende que j’y aurais accédé à ce que j’ai refusé jusqu’ici, on ait aucun égard dans mon diocèse à cette assertion, et que le clergé et les fidèles diocésains ne se prêtent à rien de contraire à mes dits actes pastoraux, collectifs avec mes collègues, ou particulièrement émanés de moi seul, depuis mon Instruction pastorale du 2 août 1815.
4° Ma volonté et intention sont également, que tout ce que j’ai statué doctrinalement ou en matière de discipline ecclésiastique comme Evêque de Gand, reste in statu quo.
En foi de quoi je signe cette présente déclaration.
Le Prince Maurice de Broglie – 
Évêque de Gand
Sources: http://broqueville.be
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