Le drapeau d'Octave de Broglie

Alphonse-Gabriel-Octave, Prince de Broglie-Revel, frère de François-Marie de Broglie. Général de brigade, né le 11 novembre 1785 à Paris, décédé le 31 août 1855 à Saint Georges d »Aunay. Il a été général de Brigade, Maréchal de Camp et Commandant de l »Ecole de Saint-Cyr.

Il fut inscrit à l »ordre de Malte le 2 mars 1786. Il suivit ses parents en émigration. A l »âge de 13 ans, il fut envoyé avec son frère Charles, de Riga à St-Pétesbourg, pour entrer à l »école militaire des cadets le 20 décembre 1798. Le grand duc Constantin (1779-1831), 2ème fils de l »empereur Paul 1er, qui commandait l »école, se le fit présenter le jour de Noël. Il s »amusa tant de la figure de ces enfants sous l »uniforme qu »il les conduisit à la grande duchesse. Il s »aperçut alors que les deux petits portaient la croix de Malte, ayant été très jeune inscrits dans cet ordre. Ils prirent de suite place dans le prieuré catholique Russe, l »empereur Paul 1er venant d »accepter la grande maîtrise de l »Ordre. L »ancienneté des chevaliers, datant du jour de leur inscription en Russie, les jeunes Broglie eurent ainsi beaucoup d »avancement pour accéder aux commanderies.

Octave sortit de l »école des cadets en 1804, et entra le 19 novembre comme enseigne au régiment de Semanowski, où Charles devait le rejoindre en 1808. Il fit dans l »armée Russe les campagnes d »Autriche, de Pologne et de Saxe. Il combattit à Austerlitz près de son frère Auguste ; puis à Friedland où il fut blessé d »un coup de feu. Hospitalisé à Mitau, résidence des princes Français, il fut soigné par la Duchesse d »Angoulême. Il reçut l »épée d »or accordée à la bravoure pour sa conduite à la bataille de Borodino, puis fut nommé Colonel le 4 octobre 1813.

Le 30 août, il se trouvait à Culm à côté de son frère qui périt au combat. Le Prince Octave entra à Paris avec les Russes le 30 mars 1814 ; il y retrouva sa vieille tante de Lameth, soeur du Maréchal, Mme de Murat, soeur de son père et Mme de La Balivière, avec son fils Théodore, l »ami d »Auguste. Profitant de la paix au retour de Louis XVIII, Octave va en Angleterre vois sa soeur Nicolaï au moment de la naissance d »Aline (14 juin 1814) ; puis il s »embarque pour aller chercher sa mère en casino online Russie. Là, il apprend le retour de Napoléon (20 mars 1815). N »ayant pas encore donné sa démission au Tsar, il se voit obligé de reprendre les armes ; il se rendit à Varsovie auprès du Grand Duc Constentin, commandant la garde, et, en juin 1815, est nommé Colonel de chasseurs au corps de Barklay.

drapeau-de-broglieIl donna sa démission d »officier russe le 27 juin 1816, et retourna en Russie pour régler ses affaires ; il quitta avec émotion sa patrie adoptive, ses compagnons d »armes, les familles qui l »avaient accueilli et le souverain qu »il avait glorieusement servi. Il avait alors 30 ans. C »est avec dignité qu »il passa ses années de jeunesse dans des circonstances particulièrement délicates. L »attachement du jeune émigré à la monarchie légitime fut toujours fidèle à la ligne de conduite tracée par le Prince ; enfin il fut, à l »âge difficile, un chrétien remplissant tous ses devoirs. Cet homme a mérité d »être le chef d »une branche échappée à l »entraînement général que la noblesse traditionaliste se plut à appeler « les bons Broglie ». Il fut nommé maréchal de camp par Louis XVIII le 16 octobre 1816. Il épousa le 18 juin 1818, à St-Georges d »Aunay Armandine de Moges, sa nièce à la mode de Bretagne (en l »occurence la fille de sa cousine directe, cousine qui ainsi est devenue sa belle-mère et qui le présente voici Octave mon cousin et mon gendre), de 15 ans plus jeune que lui.

Le 7 mars 1821, le Prince de Broglie prend le commandement de la Vendée à La Roche-sur-Yon, appelée alors Bourbon Vendée. Puis le 2 octobre 1822, il est nommé à Lille au commandement du département du Nord. Le 21 avril 1824, il part en Espagne dans l »armée d »occupation ; à Sarragosse d »abord, puis commandant supérieur de Pampelune, le 6 novembre 1824. Au mois de juillet 1825, il se trouvait en congé de 3 mois à St-Georges. Il commanda l »Ecole Militaire de St-Cyr du 17 décembre 1826 au 3 août 1830, Charles X songeait à le nommer gouverneur du Duc de Bordeaux, le futur Comte de Chambord, alors âgé de 10 ans.

Le Chancelier Pasquier et Mme de Boigne raconte dans leurs Mémoires une confidence de Charles X au Prince de Broglie à Saint-Cloud le 18 juillet 1830 : »Polignac (le ministre) a vu la Sainte Vierge encore cette nuit ; elle lui a ordonné de persévérer et promis pleine victoire ». Le Général Gastey suppose que le Prince de Broglie, après son entrevue avec Charles X, prit sur lui d »appeler le bataillon de St-Cyr le 29 juillet. Il fut passé en revue le lendemain par le roi, à la hauteur des étangs de Ville d »Avray, puis regagna St-Cyr, où le Duc d »Angoulême eut un entretien le 31 avec le commandant. La décision fut prise de mettre l »école en congé le 2 août après midi.

plaque-drapeau-de-broglieIl fut remplacé à la tête de l »école, provisoirement, le 3 août par le Lieutenant-Colonel de la Baume, et définitivement le 6 par le Maréchal de camp Lenoir. Il conserva le drapeau blanc aux 4 coins fleurdelisés qui avait été celui de l »école de St-Cyr de 1815 à 1830. Il avait songé à suivre le roi légitime, mais ne pouvant lui être utile, il donna sa démission aussitôt après l »embarquement de Charles X qui eut lieu le 11 août. Il se retira d »abord à Paris, puis définitivement à St-Georges-d »Aunay. En 1832, il ne préjugeait rien de bon de la tentative de la duchesse de Berry. Fidèle toutefois, il fit tout ce qu »il dut. Il évita providentiellement d »être arrêté, et ne fut même pas nommé dans les journaux.

Source : « Les Broglie – Leur Histoire » par le Prince Dominique de Broglie, Éditions du Palais Royal :