La souche piémontaise

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L’église de Chieri

Vers le milieu du XIIe siècle, une branche de la famille Gribaldi prit comme « cognomen » le nom de Broglia, ancienne et vaste campagne près de Chieri. C’est à ce moment-là, avec certitude, qu’apparaît ce qui deviendra le nom familial. C’est d’Hubert II que la généalogie démarre, avec à l’appui une multitude de textes incontestables.
Saint Dominique vient à Chieri en 1220 et est accueilli par la famille Broglia qui lui donne l’hospitalité et qui l’aide à fonder un couvent sous son ordre.
Pendant 4 siècles et dix générations, les Broglia ont occupé les charges et ont reçu les honneurs les plus prestigieux, en tant que recteur, podestat, condottiere, gonfalonier, avec une réputation toujours plus grande, allant bien au-delà des frontières de la République de Chieri, jusqu’à Florence, et en Savoie, notamment.
Dans cette période d’histoire italienne, Cécole Broglia est celui qui reste la plus complète préfiguration de ce que donnera la lignée française. Le fameux Cécole Broglia, qui apparaît et se révèle durant les guerres entre Milan et Florence, à la fin du XIVe siècle, étend sa gloire à toute l’Italie. Il fut employé par Jean Galéas contre Florence et il contribua aux victoires du Milanais, mais d’une façon telle que les Florentins eux-mêmes lui rendirent justice. Ils l’apprécièrent dès la paix, au point de vouloir lui confier le commandement de leurs milices, et, d’après La Varende, « moyennant deux mille florins or annuels » ; la République du Lys rouge ne lésinait pas avec son gonfalonier, son ancien ennemi, puisque cette rémunération équivaudrait à près de 1.000.000 euros aujourd’hui. Quand, à la fleur de l’âge, Cécole Broglia mourut, la République le fit inhumer dans la cathédrale de Turin. Il possédait, selon Jean de La Varende, « cet art inconscient de créer la sympathie autour de lui, de susciter des dévouements et des obéissances ; ce qu’on appelle le charme et qui fut très remarquable chez ses neveux français, qui, s’ils trouvèrent des adversaires dans leurs rivaux, suscitèrent, dans leur entourage immédiat, de telles ferveurs ». Cécole Broglia mourut sans enfants et sa veuve lui survécut près d’un demi-siècle. Toujours selon La Varende, « sa renommée était si grande, son attraction si forte, qu’il devint légendaire, même proverbial. Quand on vantait un grand capitaine, un héros, les italiens du XVe siècle disaient « c’est un Broglia » et c’est lui qu’ils évoquaient ».
Dix générations plus tard, Amédée, qui épouse Angélique Tana (des descendants de cette famille nous ont accompagnés lors du voyage familial à Chieri en mai 2008, et qui compta en son sein Saint Louis de Gonzague, canonisé par le Benoît XIII) donne naissance à 15 enfants dont François Marie (1610 – 1656), tige de la souche française.
Parmi les 15 enfants, il y eut, outre François Marie, 3 enfants remarquables : Charles Bernardin (1601 – 1639), aîné, servit le Prince de Piémont et périt dans un combat contre les français sur le pont de la Rotta ; Michel Ange ( 1612 – 1679), onzième, évêque de Vercelli, fut le fondateur et bienfaiteur de la congrégation des Pères de Saint Philippe de Néri de Chiers ; Charles ( 1617 – 1702), quinzième, Comte Carlos, Comte de Santena, puis Marquis de Dormans, terre qu’il acquit d’Armand de Bourbon, Prince de Conti, eut une très belle carrière militaire dans l’ombre et sous les ordres de son frère François Marie et, de son union avec Anne Elisabeth d’Aumont, fille du Maréchal de France, eut une fille, Anne Catherine, qui épousa Hyacinthe, Prince de Ligne et du Saint Empire Romain, Marquis, de Mouy.

De la souche piémontaise aux multiples branches ne subsiste finalement que la seule lignée de François Marie, tige de la souche française.

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Les Broglia dans « Histoire généalogique et chronologique de la Maison royale de France, des pairs, Grands Officiers de la couronne… » du Père Anselme de Sainte-Marie 1733