Gabriel de Broglie, académicien

Gabriel de Broglie renoue avec la tradition Broglie et donne à la branche cadette un lustre semblable à celui conféré par les grands aînés, dans un nouveau domaine, celui de grand commis de l’état, spécialiste de l’Audiovisuel.
Grand Officier de la Légion d’honneur, Chevalier de l’ordre national du Mérite, Commandeur des Arts et des Lettres, Commandeur des Palmes académiques, il est élu, le 24 mars 1997, dans la section générale de l’Académie des Sciences morales et politiques au fauteuil laissé vacant par le décès de François Puaux et, le 22 mars 2001, membre de l’Académie française au fauteuil laissé vacant par le décès d’Alain Peyrefitte. Il est enfin Chancelier de l’Institut de France depuis le 1er janvier 2006.

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Parallèlement à ces honneurs, il accomplit une brillante carrière.
Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, élève à l’Ecole nationale d’administration (1958-1960), Gabriel de Broglie a commencé sa carrière comme attaché à l’ambassade de France en Italie (1955-1958).
Il entre ensuite au Conseil d’Etat où il est tour à tour auditeur (1960-1967), maître des requêtes (1967) et, enfin, conseiller d’Etat (depuis 1985).
Au cours de cette période, il a été membre de plusieurs cabinets ministériels : jurisconsulte du ministre d’Etat chargé des Affaires culturelles, André Malraux (1962-1966), conseiller juridique du secrétariat général du comité interministériel (SGCI) pour les questions de coopération économique européenne (1964-1967), conseiller technique au cabinet du ministre des Affaires sociales, Jean-Marcel Jeanneney (1966-1968), au cabinet du ministre d’Etat chargé des Affaires sociales, Maurice Schumann (1968), au cabinet du Premier ministre, Maurice Couve de Murville (1968-1969) puis à celui du ministre d’Etat chargé des Affaires culturelles, Edmond Michelet (1970). Il a enfin été directeur de cabinet du ministre chargé des Affaires culturelles par intérim, M. André Bettencourt (1970-1971)
Gabriel de Broglie a parallèlement occupé des charges d’enseignement de 1964 à 1971 : maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris (1964-1971), à l’Ecole des hautes études commerciales (1962-1964), à l’Ecole nationale d’administration (1963-1966), chargé de cours à l’Ecole de l’aviation civile.
Gabriel de Broglie s’est particulièrement illustré au sein l’audiovisuel public. Successivement directeur, secrétaire général pour l’administration, directeur général adjoint de l’Office de radiodiffusion télévision française (ORTF), il est durant la même période président du conseil de surveillance de Vidéogrammes de France (1971-1974). Directeur général de Radio France (1975-1979); président de l’Université radiophonique et télévisuelle internationale (URTI), (1976-1987); il devient président de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), (1979-1981) puis membre de la Haute Autorité de l’audiovisuel, nommé par le Président du Sénat (1982-1986). En 1986, il est membre de la Commission nationale de la communication et des libertés (CNCL), nommé par le Président du Sénat (1986). Elu président de cet organisme, il le dirige jusqu’en 1989.
Enfin, Gabriel de Broglie a occupé depuis 1981 de nombreuses responsabilités liées à la défense et illustration de la langue française : vice-président du Haut Comité de la langue française (1981-1982), membre du Conseil supérieur de la langue française (1984-1986), administrateur de la Bibliothèque nationale de France (1995-2000), président de la Commission générale de terminologie et de néologie (1996-2006).
Gabriel de Broglie préside la Société d’histoire diplomatique et est président d’honneur du Comité d’histoire de la télévision et du Nouveau Cercle de l’Union.
Comme historien, il publie biographies et études sur l’orléanisme et le XXe siècle. Comme essayiste, il donne des témoignages sur ses activités, le Conseil d’État, la télévision, la langue française. Il participe, depuis 1981, aux différentes instances de la langue française, Haut Comité (1981-1982), Conseil supérieur (1984, 1986, et depuis 1999) et présidence de la Commission générale de terminologie et de néologie (1996-2006).
Passionnément bibliophile, il préside, depuis 1980, la Société des bibliophiles françois et a été élu, en 2003, membre du Roxburghe Club de Londres.
La carrière de Gabriel de Broglie est inscrite dans l’histoire de la famille et de celle de la France, inspirée par ses glorieux aînés, Victor de Broglie, et son collègue Guizot, tous deux ministres de Louis Philippe, Albert de Broglie, le ministre de Mac Mahon, dont il a écrit leur biographie, et par Maurice, le scientifique, arrière petit fils et petit fils de ces deux derniers : on retrouve, en effet, des similitudes dans chacune des étapes de leur vie avec des passages aux académies, dans les cercles, les revues.
Il épouse en 1953 Diane de Bryas d’Exmiers d’Archiac, petite fille d’un Mortemart, avec laquelle il a eu deux enfants, Charles-Edouard (1954) et Priscilla (1955), artiste.