François Marie, Comte de Revel

« Les Broglie ne sont pas venus en France avec les Médicis, comme on le croit généralement ; ils ne firent pas partie des profiteurs que nous valurent les deux méchants mariages avec les banquiers de Florence », écrit Jean de La Varende, qui poursuit : «Les Broglie vinrent en soldats et ne demandèrent qu’une place de bataille. Leur réussite tint d’abord à leur courage, puis à leurs capacités militaires, et, surtout, à leur fidélité.  Avec eux, nous demeurons bien loin des intrigants et des favoris ».

François-Marie de Broglie participa à la guerre de Trente ans

François-Marie de Broglie participa à la guerre de Trente ans

François Marie Broglia, Comte de Revel en Piémont, dit le Comte de Broglia, Marquis de Senonches, seigneur de Brézolles et tardais, est le premier des Broglia qui servit la France.
Il naquit à Turin le 1er novembre 1611. Le portrait qu’en brosse La Varende est intéressant à plus d’un titre : « Le Comte de Broglia était de haute taille, maigre, levreté et l’armure n’arrivait pas à l’alourdir ; le type du beau cavalier que l’exercice du cheval maintient et cisèle. Fort brun, aux sourcils noirs, épais, au visage aquilin et basané, il était certainement aimable et courtois, car ses traits qui gardent de la douceur attentive, ont retenu les rides du sourire ». Puis il poursuit : « Il ressemblait curieusement au Grand Condé, mais sans cette dissymétrie un peu maladive qui inquiète chez le Prince. Le visage est régulier mais dominé par l’arrête nasale et sa courbure ».
Le Cardinal Prince Maurice de Savoie le prit comme page au sortir de l’enfance ; à 14 ans, il commence à porter les armes et l’année suivante participe à Gavi (Piémont) à la lutte contre les genevois. Peu après le Cardinal le promut gentilhomme de sa chambre puis le Le relie fournies par ces jeux casino sont souvent faciles a utiliser et pourrait etre facilement execute par n'importe quel novice. nomma capitaine des arquebusiers à cheval de la garde.
Sa carrière militaire est une suite de hauts faits, de combats héroïquement gagnés à des victoires conquises d’abord contre les français puis avec eux, après que le Cardinal de Mazarin l’y eut détaché des Princes de Savoie dans la défense de leurs intérêts en Espagne. « Partout où il paraît, il emporte les suffrages, il est un chef, à la fois ardent et doux », raconte La Varende, « il est un de ceux sur lesquels on peut se fier complètement. Il soutient son courage par sa prudence, mais jamais sa prudence ne limite son courage ».
« Il se montra inébranlablement fidèle, dans cette Fronde, où tous changeaient de partis comme de vêtements », poursuit La Varende.
Et pour le récompenser, le 27 février 1650, il reçoit de la régente Anne d’Autriche, le gouvernement de la Bassée et est promus peu après Lieutenant Général. En 1652, le Comte de Revel fut nommé Chevalier- Commandeur des Ordres du Roi et, deux ans plus tard, obtint des lettres de naturalité (naturalisation). En 1654, ses nombreuses victoires, notamment lors de la campagne de Flandres, lui valurent la promesse du maréchalat à la première vacance, que sa mort prématurée le 2 juillet 1656, à 45 ans, en terre espagnole, ne lui permit pas de porter.
Par brevet du 10 janvier 1657, Louis XIV donna l’autorisation de décorer son cénotaphe des ordres du Roi. Le cordon du Saint Esprit orne donc le magnifique tombeau que le Comte s’était fait ériger de son vivant dans la chapelle de l’église Saint Charles des Carmes Déchaussées de Turin. Il y est figuré de grandeur naturelle en marbre blanc, à genoux et mains jointes, et son cœur repose dans le monument.
De son union avec Olympe Catherine de Vassal, il eut 7 enfants, 4 garçons et 3 filles. Le cadet, Charles Amédée, hérita du second droit d’aînesse et porta le titre de Comte de Revel. Valeureux soldat, il fut promu Lieutenant Général le 24 août 1688 et nommé Chevalier du Saint-Esprit le 27 mai 1703. Il vendit le Comté de Revel en 1682 et les autres biens d’Italie et acquit, en remploi des fonds sauvés, plusieurs terrains entre les rues Saint Dominique, de Bellechasse et de l’Université, sur lesquels il fit construire en 1704 l’hôtel Broglie. Rigaud fit son portrait. Son épouse resta veuve plus de 40 ans. Le dernier enfant, François, également militaire fut nommé Lieutenant Général le 8 mars 1718 et reçut la grand-croix de Saint Louis le 3 juillet 1719. Mais c’est l’aîné, Victor Maurice, qui attire notre attention.
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