Charles de Broglie

charles-comte_de_Broglie-gravure-carmontelleCharles, le cadet de Victor-Maurice, commence comme militaire en servant, en 1734, à l’armée d’Italie en qualité d’aide de camp de son père. Jusqu’en 1752, il monte en grade jusqu’à brigadier d’infanterie. Cette année là, il est nommé ambassadeur de Pologne auprès de l’électeur de Saxe, roi de Pologne, son rôle étant d’empêcher que sous l’influence de l’Angleterre la Pologne ne s’unisse à la Russie et à l’Autriche pour préparer secrètement l’élection du Prince de Conti au trône de Pologne. Mais, au bout d’un certain temps, ses conseils n’étant plus suivis par le Roi, ou parce que ce dernier manquait à décider, ce qui l’exaspérait, Charles demande son congé en 1758. Pourtant, ses qualités d’analyse et ses capacités de profondeur de vue diplomatique lui confèrent une réputation telle que l’Impératrice Marie Thérèse le fit entrer dans ses conseils. Le Roi qui se rendait, cependant, compte que Charles était l’un des hommes les plus perspicaces de son royaume, ne l’abandonna jamais. Bien au contraire, il en fait le principal collaborateur de sa diplomatie secrète, puis, à la mort de Tercier en 1767, le responsable du Secret du Roi, en parallèle de la diplomatie officielle, ce pendant 22 ans !

Il convient de signaler un autre aspect de son activité, celui de gentilhomme industriel. Il crée près de Ruffec à Taizé-Aizier sur la Charente une aciérie qui fournissait 80 tonnes de fonte d’acier par mois, à l’instar du Chevalier de Solages qui avait fondé Carmaux et de Wendel, à la veille de la Révolution, qui avait réalisé Le Creusot et la mise en valeur de leurs terres lorraines.
Charles-François, comte de Broglie, marquis de Ruffec, né à Paris le 19 août 1719 et mort à Saint-Jean-d’Angély le 16 août 1781